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Les TCA – Mon expérience

Bonjour mes lucioles,

Aujourd’hui je vous retrouve avec un article un peu dur. En effet je vais vous parler de Troubles du Comportement Alimentaire.

 

Récemment, j’ai regardé la vidéo de Léa Choue (vous pouvez trouver le lien —> Ici) à ce sujet. Alors que depuis des années je n’ose pas en parler, elle m’a permis de libérer la parole à ce sujet et d’enfin mettre des mots sur ce que je vis depuis plusieurs années… J’ai également inclus dans cet article un texte que j’avais écrit à ce sujet il y a un moment… Ainsi que deux images qui peuvent aider à comprendre ce processus…

 

Voici mon histoire…

 

 

Enfant j’étais loin d’être complexée par mon corps. Je ne me suis jamais posée de questions à ce sujet, jusqu’en seconde. Cette année-là je me suis mise en couple pour la première fois. Mon partenaire est quelqu’un d’extra, et il ne m’a mis aucune pression par rapport à mon physique.

 

Puis au bout de 5 mois de relation, je suis partie en Allemagne en échange pour 5 mois. Là bas, j’ai passé mon premier mois à manger 5 fois par jour, sans faire de sport ; j’ai pris 3 kilos (de 55 à 58kg). Alors je me suis motivée pour les reperdre. J’ai commencé avec l’application Freeletics en version gratuite. Je voulais vraiment perdre ces kilos et arriver à faire des pompes (pour que mon copain arrête de me charrier). Puis je suis revenue à 55kg, je mangeais moins, je sautais souvent le repas de midi et je mangeais très peu le soir. Je me suis mise à faire du sport intensif tous les jours, juste après le repas de midi, ou à jeun le matin le weekend. J’ai continué à perdre, encore et encore, jusqu’à atteindre au plus bas 48kg.

 

Honnêtement, je n’ai jamais été aussi bien dans ma tête que pendant cette période-là… J’avais le plein contrôle sur ma vie, sur mon corps et mon esprit. Je faisais 500 abdos par jour. Je pouvais décider quand je voulais de ne pas manger et il n’y avait aucun problème. C’était grisant, j’étais la reine du monde.

Sauf qu’évidemment ce n’était pas bon pour moi. En cinq mois d’échange, je n’ai eu mes règles que deux fois. J’en ai parlé innocemment à ma mère au téléphone et elle m’a forcée à remanger. J’ai réduit les abdos et j’ai remangé un peu. Puis je suis rentrée chez moi, et entre mes vacances chez ma grand-mère et le self à l’internat, j’ai tout repris… Jamais je n’ai réussi à reperdre ne serait-ce qu’un peu. Je ne pouvais faire du sport qu’une fois par semaine. Je me suis mise à manger n’importe quoi, super mal, peu de légumes, beaucoup de gras et de sucre. C’était irrésistible. Je mangeais des quantités astronomiques et passais des heures à me torturer de culpabilité.

 

Depuis, ça fait 3 ans que je remange et que j’oscille en permanence entre grosses crises d’anorexie et de boulimie, manger trois fois les quantités normales puis me punir en jeûnant pendant plusieurs jours… Je suis vraiment complexée par tous ces kilos que j’ai repris (en réalité 3 ou 4kg, mais ça me semble énorme).

Quand j’étais au lycée, je gérais encore, mais maintenant que je suis seule à des lieues de ma famille… Je suis en pleine remise en question de ma vie et c’est de plus en plus dur de ne pas craquer… une chose qui m’a aidée c’est de devoir faire les courses et cuisiner. Je peux choisir ce que je mange et si je ne vais pas faire les courses à jeun, je choisis ce que j’achète. Ça m’a permis de manger beaucoup plus de légumes et moins de biscuits.

 

Je crois que la seule chose qui m’a sauvée, c’est que j’ai un faible réflexe vomitif : je n’ai jamais réussi à me faire vomir, malgré les nombreuses tentatives et les techniques variées que j’ai testées…

 

téléchargé

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Manger… Manger pour oublier, manger pour combler ce vide en moi, ce puit sans fond qui grossit de jour en jour… Manger pour se réconforter… Manger pour se sentir moins seul… Manger sans savoir pourquoi… Attendre frénétiquement à la caisse de pouvoir ouvrir ce paquet de chips, de madeleines, de pains au lait ; ce paquet qui me brûle les doigts tant le besoin est puissant. Ouvrir un colis et avaler la boîte de chocolats en cinq minutes, sans même avoir une idée du goût qu’ils pouvaient bien avoir… manger cinq portions de pâtes en un repas, la moitié d’un paquet de fromage et 3 tranches de jambon…

Puis se réveiller, comme après une transe… Des papiers colorés partout, froissés, chiffonnés, jetés n’importe comment sur le sol. La boule au ventre, l’estomac au supplice, une nausée qui augmente sans cesse… Sentir son corps grossir, gonfler en temps réel. À l’étroit dans sa chair et sa tête…La culpabilité insurmontable. Le dégoût de soi. La haine, la violence. À se taper la tête contre les murs, à se griffer jusqu’au sang. Ranger… ranger pour ne plus voir les preuves. Les preuves qu’on a encore perdu le contrôle. Les preuves de notre faiblesse. De notre médiocrité.

S’’enfermer dans la salle de bain. Attraper une brosse à dent et se pencher au-dessus de la cuvette. Se l’enfoncer dans la gorge, encore et encore, jusqu’à avoir les larmes aux yeux. Attendre cette expulsion qui ne vient pas. Glisser épuisée sur le sol, les sanglots secouant mes épaules…

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anorexie_boulimie

Tout ça pour vous dire qu’il faut être vraiment vigilant, parler avec votre famille quand ça ne va pas. L’anorexie, c’est vicieux et ça peut toucher tout le monde, même les personnes les plus averties, même si vous pensez ne jamais y plonger. La boulimie, ce n’est pas uniquement des filles grosses qui mangent beaucoup. Souvent ça ne se voit pas. Soyez également vigilants avec votre entourage, ne laissez personne seul(e) face à ses problèmes…

Je vous remercie de m’avoir lue jusqu’ici… Si vous avez des questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire, j’y répondrais du mieux que je peux… Si vous êtes dans mon cas ou pire, ou qu’un de vos proches est atteint, et que vous souhaitez en parler, n’hésitez pas à me contacter via le formulaire de contact… 🙂 ❤

 

Je vous conseille aussi de lire l’article d’où j’ai tiré la photo de couverture —> Ici

Bonne fin de journée mes lucioles,

Bises

-SJB

Compétition sportive et amoureuse  –  12-13 Octobre 2016

Au début je me trouvais à l’internat avec Camilia. Nous dormions tranquillement… Au réveil, Camilia me révéla que j’avais prononcé son nom une dizaine de fois durant mon sommeil… Je lui expliquai  que c’était normal car j’avais rêvé d’elle…

Ensuite nous sommes sorties, mon copain Elias et mon frère Mika étaient là… Nous descendîmes une immense pente herbeuse sur une sorte de bateau gonflable volant. Mais comme nous étions lourds, il restait assez près du sol. En arrivant en bas nous tombâmes tous la tête la première. Heureusement, je remarquai que le matelas commençait à s’envoler tout seul, aussi je sautai dessus pour qu’il reste. Puis nous dûmes remonter à pieds (je tenais le matelas serré contre moi). 

Mika râla parce qu’il ne voulait pas marcher et voulait utiliser le bateau. Je lui expliquai patiemment que nous ne pouvions pas nous en servir parce qu’il ne s’envolait qu’en colonne, donc nous allions rester sur place. De plus, le vent soufflait très fort et cela pouvait devenir dangereux…

Nous arrivâmes en haut, chez ma grand-mère. Je devais me préparer pour une compétition de quelque chose d’étrange. Nous devions nous asseoir l’un en face de l’autre, l’un avec ses jambes autour de moi et les miennes par dessus les siennes. En gardant les jambes surélevées du sol, il fallait toucher de chaque côté de nous sans les faire retomber. Je galérais à mort, je n’ai réussi à toucher qu’une seule fois, à droite. Et le type avait qui je devais le faire était hyper doué et se moquait de moi de maniere éhontée. Elias était en haut dans les gradins, il riait largement de moi aussi, aux moments où il me regardait… car il en profitait aussi pour mater les autres nanas,  qui s’en sortaient évidemment beaucoup mieux que moi et de manière plus sexy et gracieuse… (en tout cas c’est l’impression que j’avais…)

J’en étais malade de jalousie. Quand je vis qu’il n’y avait pas une once de jalousie ou même d’envie par rapport à mon adversaire quand il me regardait… Mon ego déjà bien meurtri (je me faisais massacrer…) en prît un coup et je pétai les plombs…

Elias ne vint pas me soutenir à la sortie des vestiaires (tout le monde se moquait de moi) mais il « m’attendait » à la sortie du gymnase, c’est-à-dire qu’il était en pleine conversation avec une des participantes… (en soi ça n’avait rien de terrible, mais je n’étais plus moi même et ça en a rajouté une couche…).
Je fis un énorme effort pour ne pas faire de scandale et je continuai à marcher droit devant moi, en attendant qu’il me rattrape.
Puis je lui dis que j’avais besoin de faire une pause, je lui en expliquai évidemment les raisons mais il ne comprenait pas… J’en ai conclu que c’était moi qui avait un problème et qu’il fallait que je m’éloigne un peu de lui pour reprendre mes esprits et me soigner…

J’emménageai dans la chambre de l’équipe adverse, pour changer d’air… (oui je suis très logique…)
Il avait encore deux jours à passer chez ma grand mère avec moi (elle avait ouvert une sorte d’internat pour les équipes, mais on avait notre propre chambre tous les deux), mais je ne le vis pas une seule fois durant ces deux jours. Puis le matin de son départ je voulus réessayer le sport de la compétition avec le même type de l’équipe adverse. On devait annoncer le nombre de touchers minimum qu’on ferait et je répondis 1 pour moi, sachant que je n’étais pas capable de faire plus. Ils rétorquèrent que ce n’était pas assez, donc je pris sur moi et annonçai 10 mais ce n’était toujours pas assez, et le gars ne voulait pas jouer avec quelqu’un d’aussi faible. Aussi je récupérai toutes mes affaires et rejoignis le salon de ma grand mère.
Je réfléchis et compris enfin que j’aimais Elias plus que tout et que jamais je ne pourrais rester séparée de lui plus longtemps… j’espérais que il finirait par me pardonner d’avoir joué au yoyo.
C’est alors que j’entendis une voiture démarrer et je me souvins brusquement que il partait ce jour-là. Je courus à toutes jambes pour le rattraper mais quand j’arruvau,  la voiture de mon père était déjà partie… il le ramenait chez lui… J’étais tellement mal que je m’évanouis dans la rue…

Ma Réputation – Gaël Aymon

Hier après midi, je suis tombée sur ce livre et je n’ai pas pu le lâcher. Je l’ai lu d’une traite en moins d’une heure.

Il s’agit d’un livre de Gaël Aymon, qui raconte l’histoire de Laura, 15 ans, une jeune fille qui préfère la compagnie des garçons, celle de Jimmy, Sofiane et Théo. Les mimiques travaillées, les soirées filles, c’est pas trop son truc. Mais lorsqu’elle repousse les avances de Sofiane, ses amis lui tournent le dos et Laura se retrouve isolée et vulnérable. Seule en cours, seule au self, seule dans les couloirs. Les pires ragots circulent à son sujet sur les réseaux sociaux, la rumeur enfle et l’isolement de Laura grandit. Jusqu’à sa rencontre avec Joséphine, élève solitaire et marginale comme elle, qui va l’aider à relever la tête et à dénoncer le harcèlement dont elle est victime.

 

Ce livre est bien écrit, dans un style simple et épuré, qui transcrit bien les sentiments de Laura. Il m’a profondément marquée. Cette histoire a trouvé un écho en moi, elle m’a rappelé ma propre histoire. J’étais très émue, à tel point que des larmes ont coulé…

Je le conseille vivement !

 

Bon weekend à tous et à toutes !

Peur de perdre celui qu’on aime – 24 au 25 Septembre 2015

J’étais chez ma grand-mère et je regardais Fifty Shades dans le salon. Elle regardait avec moi (euh… regarder ce genre de film avec ma grand-mère… oui mon cher cerveau… tout à fait…) et quand il y avait une scène un peu osée, je coupais le film, j’allais aux toilettes, en y restant suffisamment longtemps pour qu’elle s’en aille et je revenais continuer le film, et ainsi de suite jusqu’à la fin.
Puis je suis rentrée chez moi pour préparer mes bagages avec ma mère, car j’emménageais chez mon copain. Il avait déménagé dans une sorte de dimension parallèle. Je devais posséder une carte magnétique en cours de validité pour être autorisée à y aller, et apparemment j’en possédais déjà une depuis longtemps mais pas activée. Bref je m’installai, et le premier soir, on fit l’amour (évidemment…) mais c’était doux, pas des retrouvailles de bêtes sauvages…
Le lendemain j’invitai deux amies H et C. Nous sommes allées manger un gâteau dans un salon de thé (ça, ça vient de la religieuse au chocolat d’hier soir ^^). A la fin, une de nous proposa de piquer les couverts et les assiettes. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Nous empilâmes tout et nous partîmes en courant avec. Un fois rentrées, nous les rangâmes vite fait dans le buffet pour éviter qu’on ne les vît.
Elles sont restées pour le repas du soir et  ce fut seulement là que je percutai : mais où est Eve, ma correspondante ??!!
Aucune de nous trois ne l’avait vue depuis le petit déjeuner…  Mon premier réflexe fut d’aller voir sur Facebook, comme elle aimait passer du temps sur les réseaux sociaux. Je vis plein de photos d’elle avec ma famille. Il s’est avéré qu’elle était partie à Marseille et avait passé la journée avec ma famille à visiter des lieux et monuments connus, comme la Tour Eiffel…
Quelques heures plus tard, mes amies sont parties et je me suis enfin retrouvée seule avec mon copain. Il m’avoua qu’il avait agi comme Christian Grey, c’est-à-dire établi des contrats avec des femmes, dans le passé. Il m’en revéla même le nombre, 28. S’il m’en avait parlé ce soir, c’était parce qu’il comptait les inviter chez nous… J’entrai dans une colère noire. A peine arrivée, alors que je ne connaissais ni les lieux, ni les habitants, alors que je n’avais aucune marque, ma place ici, dans ce monde, à tes côtés, était déjà remise en question ! J’attendis qu’il soit occupé pour lui « emprunter » son téléphone ; puis je les appelai une par une pour leur dire qui j’étais, leur rappeler leur histoire avec lui, et bien leur faire comprendre qu’elles iraient au devant de graves ennuis et que je les passerais à tabac si elles osaient ne serait-ce que poser un orteil chez moi.
Ce serait un euphémisme de dire que mon copain le prit très mal. Il me fit une scène en disant que j’étais folle et hystérique (il est vrai que cela s’en rapprochait), que je faisais n’importe quoi, qu’elles ne méritaient pas qu’on leur rappelle ce douloureux épisode de leur vie comme ça, et que Jane (l’une d’entre elles) était en train de manger à ce moment là… mais honnêtement je n’avais cure qu’elle vomît ou pas, je désirais juste ne plus jamais en entendre parler.
Il est parti jouer du piano pour se calmer. Quant à moi, je suis restée plantée un moment au milieu de la pièce, sans savoir si je devais fondre en larmes, aller m’excuser ou défendre mes droits. Pour finir, je décidai simplement d’aller faire les courses.

J’arrivai dans une sorte de Carrefour Contact mais j’avais besoin d’aller aux toilettes. J’entrai dans la cabine mais ce fut seulement une fois installée que je m’aperçus que j’avais mal fermé la porte. Je priai pour que personne ne rentre, en vain. Deux secondes plus tard, alors que j’étais sur la cuvette,  un homme et une femme entrèrent, visiblement pressés de faire l’amour. Ils me virent… et pas gênés le moins du monde, restèrent pour attendre que je finisse. Mais en me relevant, je constatai avec horreur que ma culotté était tachée de sang. Je demandai d’une petite voix à la femme si elle avait un tampon. Elle me tendit l’équivalent d’un tampon dans cette dimension. Cela avait la même taille qu’un tampon mais en saucisson… c’était hyper gras et écoeurant. Je lui rendis, en expliquant que je préférais encore laver ma culotte et mon pantalon en rentrant qu’utiliser cette chose immonde…
J’arrivai enfin au guichet, espérant pouvoir faire mes courses tranquille. Hélas, je découvris qu’il fallait donner sa liste de courses et qu’ils les faisaient pour nous, puis nous les remettaient carrément dans un carton. Une excellente nouvelle ? Quand on sait ce dont on a besoin certes… Mais je comptais le faire au feeling car je n’avais pas de liste et, comme je venais d’arriver, aucune idée de ce dont on avait besoin. J’écris quand même « pain » car c’était logique  et basique, puis j’osai appeler mon cher et tendre pour la suite. Nous ne nous disputâmes pas, le ton resta normal mais simplement plat… pas une once d’amour ou de gentillesse, rien…
Ensuite je cherchai l’agence pour m’occuper des papiers d’assurance, néanmoins ce fut du pareil au même. Je ne savais pas ce qu’il voulait ou ce qui était le mieux pour nous. C’était présenté d’une manière étrange, sous forme de catalogue avec de nombreux contrats d’assurance différents et des annonces qui n’avaient rien à voir (compétition de trekking, de randonnée…). Pour couronner le tout, il fallait que les deux personnes concernées signent, donc j’expliquai à la femme de l’accueil que je pouvais faire l’aller-retour.

J’essayai de l’appeler pour savoir si l’assurance maladie lui suffisait pour le moment ou s’il voulait la CAF avec (oui, mon cerveau a tout mélangé ^^), mais son téléphone était éteint.
En rentrant à la maison, il n’était pas là, alors je lui laissai un mot pour m’excuser et lui dire que je l’aimais. Ensuite je me couchai, seule… Le lendemain il n’était toujours pas rentré, donc je partis à sa recherche. Je le trouvai à la plage, allongé dans le sable, les yeux vers le ciel. S’il m’entendit approcher, il n’en montra rien. Je l’appelai doucement, puis un peu plus fort, mais il demeura immobile, de marbre. Je restai derrière lui, je l’enlaçai, doucement….  Je cachai ma tête dans son cou, serrai de toutes mes forces, pour lui montrer combien je l’aimais, combien j’étais désolée, pendant que coulaient mes larmes.
Je me suis réveillée avant de savoir s’il allait réagir ou pas, et surtout comment.