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Déchéance…

Je ne comprends pas, je ne comprends plus. Coquille vide emportée par la mer, je ne sais même plus si j’arrive à surnager. Je ne sais plus d’où je viens, toutes mes racines s’effacent les unes après les autres, et c’est si difficile de savoir où se trouve maintenant cet endroit appelé « maison »… Je ne sais plus vers où je dois aller, vers où je peux aller, vers où je veux aller. Je ne contrôle plus rien. Je n’arrive même pas à discerner vers où je vais actuellement. Mes actes sont dénués de sens, je me contente de survivre. Je vais à la fac parce qu’il le faut, après tous ces efforts autant aller au bout. Mais pour quoi faire ? Je ne trouve plus qu’un infime intérêt dans ce qu’on y fait, j’ai l’impression de ramer. Ingurgiter tout ce par-coeur est épuisant et inutile. Ma motivation a fondu comme neige au soleil. Et il faut encore choisir quoi faire l’année prochaine. Si je me trompe, aurais-je encore gâché mes compétences ? Je croule sous la pression accumulée de tous ces gens, ces profs, ma famille, qui m’ont répété sans cesse que j’étais douée à l’école, que j’irais loin, que je ferais de grandes études… Je ne peux supporter le poids de la culpabilité et de leur déception si j’échouais… Pourtant je n’arrive plus à rien.
Mon esprit est plus souvent dans le vide que dans la réalité…
Je rêve haut et loin mais ces rêves ne sont pas connectés à la réalité. Tant de choses m’intéressent et me fascinent, me font du bien mais une vie n’est pas assez longue pour tout faire. Comment pourrais-je, en conservant une vie normale, en travaillant, en dormant, trouver le temps et l’argent nécessaires pour maîtriser le piano, le violoncelle (que je n’ai même pas commencé), acquérir autant de compétences en danse, faire régulièrement de la muscu de la course de la natation de l’escalade, pourquoi pas commencer l’athlétisme, la gymnastique, tout faisant de l’acroyoga tous les jours pour la souplesse et l’équilibre, tout en continuant à lire avec avidité, en écrivant des histoires, en faisant des vidéos de chant, en acquérant des techniques de chant élevées. Je ne comprends pas comment font les gens pour se limiter à quelques passions/activités dans leur vie… Peut être qu’en effet maîtriser la gymnastique aide dans beaucoup de domaines, peut être que naître dans la bonne famille permet de développer des compétences particulières. Mais j’aimerais vivre de manière illimitée. Après tout je sens qu’on a tous des capacités illimitées. Je me sens tellement nulle. Comme si on m’avait donné des compétences étant petite et que je n’en avais rien fait, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. J’ai l’impression de lutter de toutes mes forces pour tout, qu’il n’existe plus rien que je ne fasse avec facilité. C’est épuisant. Dès que je commence à maîtriser quelque chose, une personne de mon entourage arrive, dans de meilleures conditions, et fait mieux. Je sais qu’on apprend toute notre vie, mais avoir cette sécurité, être au moins dans un domaine, si précis et futile soit-il, une sorte de référence, même locale et à petite échelle, ça me donnerait l’impression de valoir vraiment quelque chose. En ce moment je ne vaux rien. Je ne suis pas concentrée, je travaille mal, je dors mal, je ne suis même pas capable de contrôler ma nourriture, je n’arrive pas à garder un rythme de sport, j’ai grossi, j’ai perdu du muscle, beaucoup de souplesse… Cet été a été comme une remise à zéro. Sur tant de points, je suis revenue à l’état de ma vie au début du lycée… Physique lambda et mou, célibataire, rêvant d’autres choses que des salles de classe. Et seule. Tellement seule. Peu importe le nombre de gens autour de moi, je me sens toujours vide et seule. Comme si « les autres » formaient un tout et que moi je n’en faisais pas partie. J’ai l’impression d’être enfermée dans un cube en verre, je peux voir l’extérieur, mais jamais vraiment y accéder. Comme à part. Isolée. Je ressens toujours un malaise de la part des autres quand j’interagis avec. Peut être est ce simplement le mien qui est trop fort. Je ne suis jamais en phase avec les gens. Jamais au même rythme au même moment. Toujours en avance ou en retard. Toujours trop, ou pas assez. Trop tactile ou renfermée, trop exubérante ou timide, trop émotive, trop bizarre, trop de blagues, trop de sentiments, trop de besoins, trop d’envies de sexe ou pas assez, trop raisonnable ou dépensière, trop sensible, trop lectrice mais pas des « bons livres », trop triste ou trop joyeuse. Trop intense. Je suis trop intense pour les gens. Je crains les odeurs, les sons, la lumière. Je « m’emballe toujours trop vite ». J’aime, je vis vite, fort, loin. Je trouve cette vie à la fois trop fade et trop intense. Fade parce que je ne partage cette intensité avec personne. C’est ce qui la rend si difficile à supporter.
J’ai toujours cette impression d’avoir le cul entre plusieurs chaises, sans jamais décider sur laquelle m’asseoir. J’envie ces gens qui ont un style défini. Je peux être une fois babos, une fois hippie, une fois lambda, une fois sportive, gothique, classe. Tout et rien à la fois, je suis partout mais nulle part, je n’appartiens à aucun groupe. Quand je pense enfin avoir trouvé une place quelque part, il se passe toujours quelque chose qui me prouve le contraire… Est ce que j’en demande trop ? Pourtant je connais nombre de personnes dont les amis sont toujours là pour eux, les attendent pour aller manger ou pour rentrer, peu importe qu’elles soient les dernières à finir le TP. Des personnes qui trouvent toujours quelqu’un pour venir avec elles quand elles proposent une activité ou une sortie. Des personnes qu’on pense toujours à inviter partout…
Moi je suis celle qu’on oublie pour les révisions en groupe, pour les anniversaires, pour les sorties. Celle qui sort seule parce que personne ne répond présent. Celle qui s’assoit seule dans les amphis, les trains, les salles de classe, parce que personne ne remarque qu’elle a gardé des places, ou tout le monde s’en fout. Parce qu’elle n’en peut plus de courir après les gens, après la sympathie, après les relations. Celle qui n’a jamais été désignée « meilleure amie » de personne. Appartement trop petit, trop loin. Toujours une bonne excuse pour ne pas venir me voir. Alors que Viola habitait à Kehl, au moins vingt minutes de tram, et on y est allés des dizaines de fois. Moi c’est juste 5min de train, 10 pour les plus éloignés…
Heureusement que Quentin est là, il m’a sauvée l’année dernière ! C’est si difficile d’être loin de lui…

Je suis fatiguée. Fatiguée de dépenser tant d’énergie pour être irremplaçable, fatiguée d’échouer, parce que « personne n’est irremplaçable ». Fatiguée de souffrir, parce que je ne suis pas en sécurité sans ce petit quelque chose qui me rend unique et qui assure ma place dans les relations. Ma place dans ce monde. Ma place dans cette vie. Je me sens faible et vide. Je me dégoûte. Je me fais honte. Je me demande bien ce que je peux apporter. J’ai l’impression de n’amener que des problèmes, que les gens sont plus heureux quand je ne suis pas là. Je gêne. Je dérange. Je suis toujours à côté. Jamais ce qu’on attendrait de moi. Je salis et détruis tout ce que je touche. Je foire tout ce que les autres autour de moi réussissent. Pas foutue de trouver un logement à temps. De s’inscrire pour le sport à temps. Toujours une situation compliquée. J’ai l’impression de me vider au fur et à mesure que les autres se remplissent. Je me sens si vide et pourtant toute cette douleur bouillonne en moi et rien n’en sort. Ah si. Ça sort, parce que je parle de mes soucis pour ne pas en crever. Mais c’est trop. Trop souvent, trop répété. Encore une fois… J’ai l’impression d’être égoïste, égocentrique et à la fois de ne pas assez penser à moi. Encore une dualité. J’ai explosé mon couple, âgé de 5 ans, avec une personne adorable, aimante et engagée, pour expérimenter, par besoin de « voir du pays », de vivre. J’ai un fort besoin d’appartenance, et j’étouffais de lui appartenir… J’ai tout gâché avec lui, à tel point qu’il refuse même qu’on reste amis et qu’on se parle, alors qu’intellectuellement on s’entend si bien. Si seulement on s’était rencontrés plus tard, beaucoup plus tard…… Tout s’est écroulé et pourquoi ? Parce que je refusais de lâcher ma seule autre relation du moment, et ma « liberté » à travers elle. Alors que j’étais malheureuse, et enfermée dans un cercle vicieux de souffrance. Le même que j’ai vécu des années durant à cause de mon père. De son absence. Cette sensation de ne pas compter du tout. De pouvoir être effacée d’un claquement de doigt. D’être au second plan.Et malgré tout, j’ai sacrifié une des seules personnes qui m’avait toujours fait passer au premier plan. Au lieu de renoncer un peu à la liberté, j’ai été effacée. De partout. Par tout le monde. Libre, mais seule. Affreusement seule. Même la suite de l’été à amené deux nouveaux rejets. Enfin… Trois, si on compte celui de la résidence étudiante. Je crois que, si je n’arrive plus à avoir de sentiments amoureux depuis cette rupture, si je me sens encore plus seule et vide qu’avant, c’est que j’ai compris ce jour là que l’amour c’est du vent. Rien ne me protège de l’abandon et du rejet. Rien. Pas même l’amour. Ça me terrifie. J’ai peur d’aimer, j’ai peur de vivre, parce que je ne pourrai plus supporter de nouveaux abandons, de nouveaux rejets encore longtemps. Ça fait longtemps que la coupe est pleine et qu’elle déborde, mais le pied commence à moisir… Pourtant moi aussi je rejette. J’ai rejeté la seule autre personne qui m’a tout donné. Ma maman. Je me sens tellement mal. Ça fait un moment que ça traîne, mais depuis la rupture c’est encore pire. Je ne supportais plus qu’elle me touche. Son contact me brûlait. Sa voix m’insupportait. Et j’en ignorais la cause. Je la sentais comme un puit sans fond qui absorbait toute mon énergie et demandait encore de l’attention, de la compassion, du soutien. J’ai conscience d’être exactement pareil. Seulement, j’ai, durant toute ma vie d’enfant, déjà joué ce rôle de soutien auprès d’elle. Bien que ce ne fusse pas ma place. J’ai grandi avec un père absent, muet, et une mère furie. Chacun se crachant dessus mutuellement. Une mère tant rongée par la haine et le besoin de réparation que ça a fini par m’atteindre aussi. Je me sens obligée maintenant de rétablir l’équilibre entre eux et c’est tant de pression. Je nose plus rien demander à personne, de peur qu’on me le reproche ensuite. Mon père, mon papa, qui s’est si peu occupé de moi enfant, a osé me reprocher de ne pas avoir fait le ménage de mon 9m2 rempli de cartons, avant qu’il arrive pour m’aider à déménager. Je me suis sentie comme cette enfant, remplie d’incompréhension, que l’on gronde mais qui n’a pas fait de bêtises et ne comprend pas…
Je sais que ce sont des êtres humains, et qu’ils font des choses pour moi quand j’en ai besoin, au niveau matériel, mais le côté émotionnel, j’ai toujours dû le gérer seule. C’est sûrement pour ça que je ne le gère pas.

Et pourtant je m’y accroche encore. À mon père comme à cette relation. Malgré le rejet et l’abandon. Parce que c’est trop dur de n’être rien. Mais est ce une bonne idée d’être trop peu pour être quand même ? Si j’essaie de reprendre cette relation, est ce par envie, par nécessité d’essayer encore une fois, de réparer ? Parce que j’ai tellement besoin d’affection que je suis prête à prendre ce qu’on me donne ? Je ne sais plus. Suis je prête à n’être qu’un objet sexuel ou plutôt à me sentir comme tel ? Un objet inutile en plus, il y en a d’autres tellement mieux dans le placard… c’est vrai ça, pourquoi moi ? J’apporte tellement, qu’une pichenette dissimulée suffit à m’éjecter… Après m’avoir bien retiré chaque chose qui pouvait faire ma particularité. Je refuse de mendier, je suis fatiguée d’être toujours demandeuse et à l’initiative. J’ai besoin d’être demandée. Et pas juste pour se soulager. J’ai besoin d’être demandée en tant que personne, pas en tant que corps. J’ai besoin d’affection, de stabilité, de confiance, de complicité, pour donner mon corps avec, en toute sérénité…

Aucun soutien à attendre de ma mère non plus. Quand j’ai un souci, elle ramène tout à elle même et on passe des heures à parler de ses problèmes. Ou alors elle dit que c’est de ma faute de toute façon, en égrenant la liste de mes défauts. Jamais de compassion, ou si peu. Je ne comprends pas pourquoi il m’est si difficile de recevoir de la compassion des autres. Ils ne comprennent pas. Ne savent pas faire. N’en ont pas l’envie. Que sais-je… Je serais obligée de la mendier. Je m’y refuse. Pourtant je suis capable d’en donner, quand mes amis en ont besoin, capable de rester des heures silencieuse pour qu’ils vident leur sac… Mais je ne peux plus être juste réceptacle… Du moins je ne peux pas me remplir qu’avec du négatif….

Je suis aussi, indépendamment de moi même, déçue et outrée par l’être humain. Je trouve mes semblables abrutis, mous et égoïstes. Chaque jour, je ressens la souffrance de la Terre. Gaïa hurle et pleure, la nature agonise et personne ne fait rien, parce que le Nutella est en promo, parce que l’eau n’est pas montée jusqu’à nous et qu’on a encore des sous, parce que la grève de bus c’est agaçant, parce que la croissance, parce que la flemme, parce que les autres n’en font rien… Dire que certains n’ont toujours pas compris le recyclage des déchets ! Bon sang… « Évoluer chacun à son rythme » sur ces questions, c’était au début ça. Arrêtez de faire des gosses, d’utiliser du plastique, mangez local et de saison, boycottez les grosses entreprises. Mangez de la viande une fois par semaine, arrêtez avec ces stupides voitures si vous êtes en ville. Recyclez, réparez, réutilisez.

Ce que je vois tous les jours me dégoûte. J’ai perdu foi en l’espèce humaine, et cela, en plus de perdre foi en moi, me rend folle. Je suis rongée de folie. De folie, de vide et de souffrance. Un fétu de paille emporté par l’océan. Je n’ai rien à quoi m’accrocher. Parfois j’ai envie de mourir et que tout s’arrête… Parfois je refuse d’assister à ma propre déchéance et à celle de l’Humanité.

Les TCA – Mon expérience

Bonjour mes lucioles,

Aujourd’hui je vous retrouve avec un article un peu dur. En effet je vais vous parler de Troubles du Comportement Alimentaire.

 

Récemment, j’ai regardé la vidéo de Léa Choue (vous pouvez trouver le lien —> Ici) à ce sujet. Alors que depuis des années je n’ose pas en parler, elle m’a permis de libérer la parole à ce sujet et d’enfin mettre des mots sur ce que je vis depuis plusieurs années… J’ai également inclus dans cet article un texte que j’avais écrit à ce sujet il y a un moment… Ainsi que deux images qui peuvent aider à comprendre ce processus…

 

Voici mon histoire…

 

 

Enfant j’étais loin d’être complexée par mon corps. Je ne me suis jamais posée de questions à ce sujet, jusqu’en seconde. Cette année-là je me suis mise en couple pour la première fois. Mon partenaire est quelqu’un d’extra, et il ne m’a mis aucune pression par rapport à mon physique.

 

Puis au bout de 5 mois de relation, je suis partie en Allemagne en échange pour 5 mois. Là bas, j’ai passé mon premier mois à manger 5 fois par jour, sans faire de sport ; j’ai pris 3 kilos (de 55 à 58kg). Alors je me suis motivée pour les reperdre. J’ai commencé avec l’application Freeletics en version gratuite. Je voulais vraiment perdre ces kilos et arriver à faire des pompes (pour que mon copain arrête de me charrier). Puis je suis revenue à 55kg, je mangeais moins, je sautais souvent le repas de midi et je mangeais très peu le soir. Je me suis mise à faire du sport intensif tous les jours, juste après le repas de midi, ou à jeun le matin le weekend. J’ai continué à perdre, encore et encore, jusqu’à atteindre au plus bas 48kg.

 

Honnêtement, je n’ai jamais été aussi bien dans ma tête que pendant cette période-là… J’avais le plein contrôle sur ma vie, sur mon corps et mon esprit. Je faisais 500 abdos par jour. Je pouvais décider quand je voulais de ne pas manger et il n’y avait aucun problème. C’était grisant, j’étais la reine du monde.

Sauf qu’évidemment ce n’était pas bon pour moi. En cinq mois d’échange, je n’ai eu mes règles que deux fois. J’en ai parlé innocemment à ma mère au téléphone et elle m’a forcée à remanger. J’ai réduit les abdos et j’ai remangé un peu. Puis je suis rentrée chez moi, et entre mes vacances chez ma grand-mère et le self à l’internat, j’ai tout repris… Jamais je n’ai réussi à reperdre ne serait-ce qu’un peu. Je ne pouvais faire du sport qu’une fois par semaine. Je me suis mise à manger n’importe quoi, super mal, peu de légumes, beaucoup de gras et de sucre. C’était irrésistible. Je mangeais des quantités astronomiques et passais des heures à me torturer de culpabilité.

 

Depuis, ça fait 3 ans que je remange et que j’oscille en permanence entre grosses crises d’anorexie et de boulimie, manger trois fois les quantités normales puis me punir en jeûnant pendant plusieurs jours… Je suis vraiment complexée par tous ces kilos que j’ai repris (en réalité 3 ou 4kg, mais ça me semble énorme).

Quand j’étais au lycée, je gérais encore, mais maintenant que je suis seule à des lieues de ma famille… Je suis en pleine remise en question de ma vie et c’est de plus en plus dur de ne pas craquer… une chose qui m’a aidée c’est de devoir faire les courses et cuisiner. Je peux choisir ce que je mange et si je ne vais pas faire les courses à jeun, je choisis ce que j’achète. Ça m’a permis de manger beaucoup plus de légumes et moins de biscuits.

 

Je crois que la seule chose qui m’a sauvée, c’est que j’ai un faible réflexe vomitif : je n’ai jamais réussi à me faire vomir, malgré les nombreuses tentatives et les techniques variées que j’ai testées…

 

téléchargé

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Manger… Manger pour oublier, manger pour combler ce vide en moi, ce puit sans fond qui grossit de jour en jour… Manger pour se réconforter… Manger pour se sentir moins seul… Manger sans savoir pourquoi… Attendre frénétiquement à la caisse de pouvoir ouvrir ce paquet de chips, de madeleines, de pains au lait ; ce paquet qui me brûle les doigts tant le besoin est puissant. Ouvrir un colis et avaler la boîte de chocolats en cinq minutes, sans même avoir une idée du goût qu’ils pouvaient bien avoir… manger cinq portions de pâtes en un repas, la moitié d’un paquet de fromage et 3 tranches de jambon…

Puis se réveiller, comme après une transe… Des papiers colorés partout, froissés, chiffonnés, jetés n’importe comment sur le sol. La boule au ventre, l’estomac au supplice, une nausée qui augmente sans cesse… Sentir son corps grossir, gonfler en temps réel. À l’étroit dans sa chair et sa tête…La culpabilité insurmontable. Le dégoût de soi. La haine, la violence. À se taper la tête contre les murs, à se griffer jusqu’au sang. Ranger… ranger pour ne plus voir les preuves. Les preuves qu’on a encore perdu le contrôle. Les preuves de notre faiblesse. De notre médiocrité.

S’’enfermer dans la salle de bain. Attraper une brosse à dent et se pencher au-dessus de la cuvette. Se l’enfoncer dans la gorge, encore et encore, jusqu’à avoir les larmes aux yeux. Attendre cette expulsion qui ne vient pas. Glisser épuisée sur le sol, les sanglots secouant mes épaules…

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anorexie_boulimie

Tout ça pour vous dire qu’il faut être vraiment vigilant, parler avec votre famille quand ça ne va pas. L’anorexie, c’est vicieux et ça peut toucher tout le monde, même les personnes les plus averties, même si vous pensez ne jamais y plonger. La boulimie, ce n’est pas uniquement des filles grosses qui mangent beaucoup. Souvent ça ne se voit pas. Soyez également vigilants avec votre entourage, ne laissez personne seul(e) face à ses problèmes…

Je vous remercie de m’avoir lue jusqu’ici… Si vous avez des questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire, j’y répondrais du mieux que je peux… Si vous êtes dans mon cas ou pire, ou qu’un de vos proches est atteint, et que vous souhaitez en parler, n’hésitez pas à me contacter via le formulaire de contact… 🙂 ❤

 

Je vous conseille aussi de lire l’article d’où j’ai tiré la photo de couverture —> Ici

Bonne fin de journée mes lucioles,

Bises

-SJB

Belle-mère et Boulette – 22 au 23 Octobre 2015

Je me trouvais chez Elias – mon copain, dans sa chambre, car il m’avait invitée – assez clandestinement il me semble. Le problème, c’était que sa famille était quand même chez lui, et je ne l’avais jamais rencontrée…
J’étais face à lui, perchée sur son bureau avec les pieds sur sa chaise, tandis qu’il m’observait, assis sur son lit.
Plein d’autres gens avaient colonisé sa chambre, juste à côté de moi et discutaient : ma mère, Mika – mon frère,  des amis à moi, ceux d’Elias, et d’autres qui m’étaient inconnus.
Puis sa sœur arriva… Bon j’étais un peu gênée -carrément même – mais je lui avais déjà fait « coucou » par skype, donc ça allait encore… Mais ensuite… j’ai vu sa mère arriver… Le temps qu’elle dise bonjour à tout le monde, je me faufilai dans la foule et me planquai dans les toilettes…
Celles-ci étaient minuscules :  juste un WC et un pommeau de douché fixé au mur en face. La porte était en verre bleu opaque – comme celle des douches parfois – et articulée en deux plaques coulissantes qui rentraient dans le mur pour s’ouvrir. Elle n’allait pas jusqu’en haut ni en bas, donc je me blottis et recroquevillai sur la cuvette, pieds relevés pour ne pas que l’on vît mes pieds ni ma tête. Hélas, la porte était suffisamment transparente pour voir qu’il y avait quelqu’un. Au bout d’un moment, la mère d’Elias arriva et me vit. Elle s’exclama : « ah mais c’est là qu’elle se cache… elle rattrape son sommeil en retard ou quoi ? ».
Elle essayait visiblement de faire de l’humour mais j’étais hyper-stressée et je n’ai pas bougé… Au bout d’un moment, ma mère s’en mêla et m’ordonna de sortir de là.
Je sortis tête baissée, toute rouge, et courus me laver les mains. Elles vinrent me rejoindre ; Elias aussi, mais il restait un peu à l’écart, silencieux…
Sa mère me demanda quelles études je voulais faire… je ne savais quoi répondre – elle ne devait absolument pas savoir l’âge que j’avais réellement ! Je jeta un rapide coup d’œil paniqué à Elias, qui était en pleine conversation et ne me serait d’aucune aide. Je me dépêchai de répondre quelque chose, n’importe quoi… j’affirmai beaucoup aimer la génétique et que des études littéraires me tentaient aussi, seulement j’hésitais à cause du peu de débouchés…
Elle me questionna : oui c’est sûr que ça compte aussi… pourquoi la littérature ?

Je lançai volontairement des fleurs à ma mère en expliquant que, grâce à elle, j’eus très tôt le goût des livres… Sauf que je fis la boulette la plus énorme de l’histoire de l’humanité… je soutins : « J’ai découvert mon goût pour l’écriture il y a longtemps, j’ai commencé à rédiger des poèmes, nouvelles et même un roman, mais c’était il y a deux trois ans, je n’étais qu’en quatrième donc je ne peux imaginer le publier… »

Mon dieu… Je m’arrêtai net, épouvantée. En somme je n’avais rien dit de précis, mais le calcul était si simple ! Sa tête quand elle comprit… Je mourrais tellement de honte que le stress m’a réveillée…

Compétition sportive et amoureuse  –  12-13 Octobre 2016

Au début je me trouvais à l’internat avec Camilia. Nous dormions tranquillement… Au réveil, Camilia me révéla que j’avais prononcé son nom une dizaine de fois durant mon sommeil… Je lui expliquai  que c’était normal car j’avais rêvé d’elle…

Ensuite nous sommes sorties, mon copain Elias et mon frère Mika étaient là… Nous descendîmes une immense pente herbeuse sur une sorte de bateau gonflable volant. Mais comme nous étions lourds, il restait assez près du sol. En arrivant en bas nous tombâmes tous la tête la première. Heureusement, je remarquai que le matelas commençait à s’envoler tout seul, aussi je sautai dessus pour qu’il reste. Puis nous dûmes remonter à pieds (je tenais le matelas serré contre moi). 

Mika râla parce qu’il ne voulait pas marcher et voulait utiliser le bateau. Je lui expliquai patiemment que nous ne pouvions pas nous en servir parce qu’il ne s’envolait qu’en colonne, donc nous allions rester sur place. De plus, le vent soufflait très fort et cela pouvait devenir dangereux…

Nous arrivâmes en haut, chez ma grand-mère. Je devais me préparer pour une compétition de quelque chose d’étrange. Nous devions nous asseoir l’un en face de l’autre, l’un avec ses jambes autour de moi et les miennes par dessus les siennes. En gardant les jambes surélevées du sol, il fallait toucher de chaque côté de nous sans les faire retomber. Je galérais à mort, je n’ai réussi à toucher qu’une seule fois, à droite. Et le type avait qui je devais le faire était hyper doué et se moquait de moi de maniere éhontée. Elias était en haut dans les gradins, il riait largement de moi aussi, aux moments où il me regardait… car il en profitait aussi pour mater les autres nanas,  qui s’en sortaient évidemment beaucoup mieux que moi et de manière plus sexy et gracieuse… (en tout cas c’est l’impression que j’avais…)

J’en étais malade de jalousie. Quand je vis qu’il n’y avait pas une once de jalousie ou même d’envie par rapport à mon adversaire quand il me regardait… Mon ego déjà bien meurtri (je me faisais massacrer…) en prît un coup et je pétai les plombs…

Elias ne vint pas me soutenir à la sortie des vestiaires (tout le monde se moquait de moi) mais il « m’attendait » à la sortie du gymnase, c’est-à-dire qu’il était en pleine conversation avec une des participantes… (en soi ça n’avait rien de terrible, mais je n’étais plus moi même et ça en a rajouté une couche…).
Je fis un énorme effort pour ne pas faire de scandale et je continuai à marcher droit devant moi, en attendant qu’il me rattrape.
Puis je lui dis que j’avais besoin de faire une pause, je lui en expliquai évidemment les raisons mais il ne comprenait pas… J’en ai conclu que c’était moi qui avait un problème et qu’il fallait que je m’éloigne un peu de lui pour reprendre mes esprits et me soigner…

J’emménageai dans la chambre de l’équipe adverse, pour changer d’air… (oui je suis très logique…)
Il avait encore deux jours à passer chez ma grand mère avec moi (elle avait ouvert une sorte d’internat pour les équipes, mais on avait notre propre chambre tous les deux), mais je ne le vis pas une seule fois durant ces deux jours. Puis le matin de son départ je voulus réessayer le sport de la compétition avec le même type de l’équipe adverse. On devait annoncer le nombre de touchers minimum qu’on ferait et je répondis 1 pour moi, sachant que je n’étais pas capable de faire plus. Ils rétorquèrent que ce n’était pas assez, donc je pris sur moi et annonçai 10 mais ce n’était toujours pas assez, et le gars ne voulait pas jouer avec quelqu’un d’aussi faible. Aussi je récupérai toutes mes affaires et rejoignis le salon de ma grand mère.
Je réfléchis et compris enfin que j’aimais Elias plus que tout et que jamais je ne pourrais rester séparée de lui plus longtemps… j’espérais que il finirait par me pardonner d’avoir joué au yoyo.
C’est alors que j’entendis une voiture démarrer et je me souvins brusquement que il partait ce jour-là. Je courus à toutes jambes pour le rattraper mais quand j’arruvau,  la voiture de mon père était déjà partie… il le ramenait chez lui… J’étais tellement mal que je m’évanouis dans la rue…

Attaque au Chocolat chaud – 21 Janvier 2016

Au début de mon rêve, j’étais dans le couloir de l’internat. Je dis Bonjour à une amie qui se trouvait là avant d’entrer dans ma chambre. Soudain, ma vue devint floue, la pièce se mit à tourner violemment. Je tombai à quatre pattes au milieu du couloir. Je m’écroulai au sol, et perdis connaissance.

Je me réveillai une première fois, plusieurs dizaines de minutes plus tard. J’étais allongée sur le ventre. Quelqu’un avait apparemment déposé mon ordinateur à côté de ma tête… Je réussis à marmonner quelques mots incompréhensibles à l’intention de la femme qui se trouvait à côté de moi, avant de m’évanouir de nouveau.

A mon deuxième réveil, le bon cette fois, un homme était près de moi. Il me regarda tendrement et m’expliqua que ma perte de conscience était due à mon mal-être et mes problèmes intérieurs… Je le remerciai puis rejoignis ma petite soeur dans ma chambre. Nous nous cachâmes sous la couverture, car nous étions recherchées par une organisation qui voulait absolument nous capturer. Malheureusement, ma soeur était trop petite pour comprendre et ne cessait de me parler. J’étais terrifiée, il ne fallait pas qu’ils nous trouvent.

Une femme arriva peu après ; elle apportait du chocolat chaud dans les chambres. Je mis immédiatement ma main sur la bouche de ma soeur pour qu’elle se taise. Puis je descendis du lit (nous nous trouvions dans en haut de lits superposés), pendant que la femme était dans la pièce attenante (un bureau). Je fis comme si je venais prendre un pichet pour aider à la distribution et je sortis dans le couloir, pour demander de l’aide. Hélas, elle vit que j’avais laissé la porte ouverte et m’en demanda la raison. Mais je pouvais pas fermer la porte car sinon je ne pourrais plus rentrer et lili était toujours à l’intérieur… Je vis tout de suite qu’elle avait compris qui j’étais et ce que je faisais là.  Heureusement elle ne posa pas plus de questions et retourna dans son bureau. J’attendis qu’elle soit vraiment occupée pour revenir, et attraper un pichet en douce. Je la pris par surprise en renversant le chocolat bouillant sur sa tête. Néanmoins celui-ci collait aux parois du récipient, ce qui me demanda trois essais avant de réussir à tout vider.

Elle se retourna, ses yeux rougeoyaient… Sa voix me fit frissonner quand elle déclara que le Maître/Seigneur me massacrerait pour cet acte. Je lui répondis que je lui avais déjà parlé auparavant (il s’agissait de l’homme qui était là à mon réveil). Aussi, s’il avait réellement envie de me faire du mal, il en avait déjà eu l’occasion à maintes reprises. Au même instant, je fus prise d’atroces douleurs au ventre et à la poitrine, à tel point que je dus me tenir au radiateur, avant de m’écrouler au sol. Quand je relevai la tête, Il était au dessus de moi, et me regardait souffrir avec suffisance et avidité. La femme demeurait à ses côtés, un sourire sadique plaqué au visage. Il se servit de ses pouvoirs pour augmenter la douleur, encore, encore et encore… Cette scène dura une infinité puis je me suis réveillée…